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Malade chronique : quelle contraception pour quelle maladie ?

Lors du choix d’une méthode contraceptive, il est important que les bénéficiaires pèsent avec soin les risques, les avantages, l’acceptation et l’efficacité des différentes méthodes contraceptives. En effet, une méthode sans danger mais peu efficace peut tout de même exposer certaines femmes à une grossesse à haut risque. 

La maladie impliqué dans la contraception ? 

Avoir une maladie chronique affecte le court de votre vie, et peut également affecter votre choix en matière de contraceptif. En effet, une méthode sans danger pour une personne lambda, peut présenter un danger pour la santé d’une personne atteinte d’une maladie chronique. Les maladies chroniques majeures sont fortement impliquées pour le choix d’une méthode contraceptive. Pouvoir fournir un service de qualité en matière de santé de la reproduction peut s’avérer être une tâche complexe. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’affections chroniques.

Chez une femme ayant une affection chronique, la grossesse elle-même peut aggraver ses problèmes médicaux. Le traitement de la maladie pendant une grossesse peut nuire à la mère tout comme à l’enfant qu’elle porte. L’utilisation de certaines méthodes de contraception peuvent aggraver l’état de la maladie et entraîner des complications. De plus, certaines affections, ou leur traitement, peuvent modifier l’efficacité de la méthode contraceptive. 

Différentes contraceptions pour différentes maladies 

Une personne atteinte d’une maladie chronique sera souvent plus limitée dans le choix d’une méthode contraceptive qu’une personne en « bonne santé ». Pour certaines maladies chroniques, une méthode hormonale peut être préférable. Dans les cas où cette éventualité se présente, le prestataire doit avoir conscience et connaissance de la diversité et de la différence de fonctionnement des méthodes hormonales. En effet, certaines pilules contiennent de l’oestrogène qui agit sur différents systèmes organiques et dont les effets divers et variés pourraient agir sur l’affection en question. D’autres méthodes hormonales qui ne contiennent pas d’oestrogènes, ou seulement à faible dose,  n’entraînent pas de conséquences pour les organes. La plupart des maladies chroniques possèdent une méthode hormonale « recommandé » en fonction de leur pathologie : 

  • Le cancer du sein : Le DIU (aussi appelé stérilet) au cuivre, est le choix recommandé pour les patientes souffrant ou ayant souffert de cette maladie. En revanche, les contraceptifs oraux ainsi que les implants ou tout contraceptif libérant une hormone progestative ne sont pas recommandés, ils sont au contraire défavorable. Attention ! Le DIU au cuivre est un stérilet recommandé, il ne faut pas le confondre avec le DIU au LNg qui est un stérilet libérant une hormone progestative : le lévonorgestrel, et qui est donc déconseiller. 
  • Les maladies liées à l’endomètre, aux ovaire, au col de l’utérus : généralement, le traitement de ces maladies rend la femme stérile. Dans le cas où la femme n’a malheureusement pas accès aux traitements et a besoin d’un moyen de contraception, les contraceptifs oraux tels que les pilules progestatives, ou encore les contraceptifs injectables combinés (injections mensuelles de formulations combinées contenant un œstrogène et un progestatif pour éviter une grossesse), le DMPA (forme synthétique de progestérone) et le Norplant (implant dans le bras) sont préconisés. En revanche, il n’est pas recommandé d’utiliser un DIU au cuivre ou au Lng. Toutefois, il est possible de continuer d’utiliser cette méthode si la maladie apparaît en cours d’utilisation. 
  • Maladies cardio-vasculaire : Précision : le fait de fumer accroît le risque de maladie cardio-vasculaire dans toutes les tranches d’âge. Chez les femmes de 35 ans ou plus qui ne fument pas beaucoup, les contraceptifs oraux sont généralement indésirables. En revanche, chez les femmes de 35 ans ou plus qui fument fréquemment (plus de 20 cigarettes par jour), les contraceptifs oraux ne devraient pas être utilisés, et les contraceptifs injectables combinés sont généralement indésirables. 

Thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire : les pilules progestatives, le DMPA (forme synthétique de progestérone), le NET-EN (contraceptifs injectables), le Norplant (implant dans le bras) et le DIU (stérilet) au cuivre ou au LNg, semblent être les choix les plus favorables. En revanche, les contraceptifs oraux et les contraceptifs injectables combinés (injections mensuelles de formulations combinées) ne sont pas recommandés pour cette pathologie. 

Hypertension : dans le cas où une femme présente cette maladie chronique, le niveau d’intensité de la maladie déterminera la méthode contraceptive adéquat. 

  • Légère (entre 14 et 15,9 sur 9 à 9,9 cm de Hg ): pour une hypertension légère, les pilules progestatives, le Norplant et le DIU au cuivre ou au LNg, peuvent être de bons choix. Les contraceptifs oraux et les contraceptifs injectables combinés sont généralement des méthodes à éviter, ou alors des méthodes de second choix, ce qui signifie que les avantages pour la santé l’emportent sur les risques potentiels que ces méthodes de contraceptions peuvent amener. Le DMPA et le NET-EN sont également des méthodes de second choix. 
  • Modérée (entre 16 et 17,9 sur 10 à 10,9 cm de Hg) : pour les femmes atteintes d’hypertension à un niveau modéré, les pilules progestatives, le Norplant et le DIU au cuivre ou au LNg, sont des choix favorables. Le DMPA et le NET-EN sont en revanche des méthodes de second choix. Les contraceptifs injectables combinés ne sont pas recommandés, tout comme les contraceptifs oraux. En cas d’hypertension modérée qui commencerait à se manifester pendant l’utilisation de ces derniers, il faudrait arrêter l’utilisiation de cette méthode. 
  • Sévère (18 sur 11 cm de Hg ou plus) : Enfin, pour les cas les plus graves où la femme présente une hypertension sévère, le DIU au cuivre est le choix recommandé. Les pilules progestatives et le Norplant sont des méthodes de second choix. Tandis que le DMPA et le NET-EN sont des méthodes généralement à éviter. Les contraceptifs oraux et les contraceptifs injectables combinés ne sont pas non plus recommandés. 

Attention à la stérilisation féminine : l’hypertension accroît les risques associés à l’anesthésie générale. /!\

  • Diabète : 

Sans maladie vasculaire : Pour une forme de diabète n’incluant pas de maladie vasculaire, toutes les méthodes contraceptives peuvent être utilisées. La stérilisation féminine, et également la masculine, est possible. Il convient toutefois de prendre des précautions supplémentaires en prévention d’une éventuelle hypoglycémie (baisse anormale du glucose dans le sang) ou acidocétose (survient quand la concentration de corps cétoniques dans le sang dépasse largement les capacités d’élimination de l’organisme et que le sang devient trop acide) et d’un risque élevé d’infections post-opératoires des plaies.

Avec maladie vasculaire ou diabète pendant plus de 20 ans : Lorsque le diabète est présent depuis plus de 20 ans ou qu’une maladie vasculaire y est ajouté, le DIU au cuivre est recommandé en matière de contraception. Les pilules progestatives, le Norplant et le DIU au LNg sont des méthodes de second choix. Néanmoins, les contraceptifs oraux et les contraceptifs injectables combinés sont soit contre-indiqués, soit des méthodes non désirables, au même titre que le DMPA et le NET-EN. Concernant la stérilisation féminine, orientez-vous vers un centre capable d’apporter un appui médical supplémentaire au cas où des complications se présenteraient. (La stérilisation masculine est également faisable, mais il est nécessaire de prendre des préparations et des précautions supplémentaires puisque le diabète accroît le risque d’infection post-opératoire.) 

  • Maladie hépatique : Le DIU au cuivre est un choix recommandée pour les femmes atteintes d’hépatite virale active, de cirrhose ou de tumeur hépatique. En revanche, les pilules progestatives, le DMPA, le NET-EN, le Norplant et le DIU au LNg sont des méthodes de dernier choix. Les contraceptifs oraux ne sont pas non plus conseillés, il s’agit d’une méthode de dernier choix uniquement pour les femmes atteintes d’une cirrhose légère. 
  • Maladie neurologique : 

Épilepsie : Concernant cette pathologie, le DMPA et le DIU, au cuivre ou au LNg, sont des choix favorables. En effet, pour les femmes prenant des anticonvulsivants (exception faite de l’acide valproïque), l’efficacité des contraceptifs oraux, des pilules progestatives, des contraceptifs injectables combinés et des implants Norplant pourrait être réduite. La stérilisation féminine est possible, à condition de prendre les précautions supplémentaires.

Maux de tête violents et répétés, avec symptômes neurologiques focaux (migraines y compris) : Les recommandations pour les femmes souffrant de ces symptômes et ayant une maladie neurologique chronique sont le DIU au cuivre ou au LNg, ainsi que la stérilisation. Les contraceptifs oraux et les contraceptifs injectables combinés ne sont pas recommandés. De plus, les pilules progestatives, le DMPA, le NET-EN et le Norplant sont des méthodes non désirables si la femme commence à souffrir de ce genre de maux de tête après avoir commencé ce moyen de contraception.

  • Drépanocytose : Pour cette pathologie, la plupart des méthodes progestatives (pilules, produits injectables, implants Norplant et DIU au LNg) sont des choix favorables. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande les méthodes hormonales combinées (pilules et produits injectables) et le DIU au cuivre comme méthodes de second choix.

Des affections multiples

Une personne atteinte de maladie ou affection chronique peut en présenter plusieurs. En effet, une femme diabétique peut également présenter des troubles vasculaires tel que l’hypertension. Les prestataires doivent donc se rappeler que chaque maladie ou affection peut entraîner des risques différents pour une grossesse et pour l’utilisation d’un contraceptif quelconque.

Tous les critères doivent être prit en compte. Une contraception efficace est importante, mais les malades chroniques nécessitent, certainement, des soins de plusieurs professionnels de santé. La plupart du temps, il s’agit souvent de médecins généralistes, mais il peut s’agir également de professionnels de santé procurant des soins hautement spécialisés pour une maladie ou une affection particulière. La connaissance du dossier médicale de la personne concernée par la prescription d’une méthode contraceptive est donc préférable, et même indispensable.

Les interactions possibles entre les maladies et les différentes méthodes contraceptives sont importantes. Les malades chroniques nécessitent souvent plus de counseling sur la contraception que les couples en « bonne santé ».

Le counseling doit prendre en compte les risques et avantages pour la santé de chaque méthode. Le counseling soit considérer la situation unique et particulière de chaque couple, en prenant en considération, par exemple, la capacité de la femme à concevoir un enfant, le moment convenable pour une grossesse, si souhaitée, et également la capacité du couple à utiliser correctement une méthode contraceptive.

En effet, les risques en cas de grossesse pour une femme atteinte de maladie chronique peuvent être élevés. Ainsi, un counseling approfondi est important et même indispensable afin de proposer à une malade chronique, un accompagnement et une méthode de contraception en harmonie avec sa pathologie.

Voici un tableau récapitulatif des contraceptions recommandés selon chaque maladie chronique :

Les contraceptifs recommandés selon ma maladie

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