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Sexualité et maladie chronique, un sujet tabou ? 

Les troubles sexuels sont en moyenne 2 à 6 fois plus fréquents chez les malades chroniques  que dans la population générale. Des maladies qui peuvent perturber la sexualité pour de nombreuses raisons, parfois liées. 

Une libido réduite par un quotidien plus compliqué 

Lors de la survenue d’une maladie chronique, c’est tout le quotidien qui se retrouve bouleversé dans ses moindres aspects. Et la vie sexuelle n’est pas épargnée. Diabète, cancers, maladies cardiovasculaires, troubles psychiatriques, insuffisances rénales, maladies neurodégénératives, affections respiratoires… Ces pathologies, qui touchent 20% de la population française changent souvent profondément la vie sexuelle des malades, au moins pour un temps.  

Celle-ci est fréquemment éteinte ou abandonnée lorsque surgit la maladie. Les douleurs, la fatigue et la perte d’estime de soi qu’elle peut entrainer réduisent souvent très significativement la libido des malades, sans compter d’éventuels handicaps. 

Et l’amour dans tout ça ?

Pouvoir parler de sa sexualité, c’est également pouvoir parler de ce qui dysfonctionne. et, au sein d’un couple, une baisse du nombre des relations sexuelles, ou de leur qualité, en raison de la maladie est rarement sans conséquences.  

Si pour certains couples, la limitation ou l’arrêt de l’activité sexuelle semblent relativement acceptés, pour d’autres cela peut entraîner des troubles psychiques. 

Les nombreuses et variées maladies chroniques ont des répercussions au niveau des relations affectives, du rôle social et la satisfaction sexuelle de ceux dont elle affecte la vie. 

L’absence de rapports sexuels dans une relation peut tout à fait être possible. Le désir peut se réaliser ailleurs. Il faut tout de même veiller que cela n’entraîne pas de souffrance liée à cette absence au sein d’une relation. 

La sexualité peut être source de problèmes, de craintes, de peurs ou de frustrations. Amenant à de nombreux questionnements qui peuvent bouleverser le quotidien : Suis-je assez performant ? Suis-je « normal » ? Que penses mon (ma) partenaire ? Est-ce normal d’avoir des « pannes » ? Est-ce que je pourrais encore avoir des enfants ? Les autres ont-ils aussi ces problèmes ?  

Mais c’est un phénomène qui peut au contraire renforcer le lien de soutien entre les partenaires. C’est pour cela que chacun, au sein de son couple, doit pouvoir parler à l’autre de son ressenti afin d’éviter que toute frustration ne vienne entacher leur relation, et pouvoir alors découvrir ensemble une nouvelle forme de sexualité.

Quels effets a la maladie sur la sexualité ? 

Ces effets varient en fonction de la maladie, mais également de la personne sur le quotidien de chacun. Toutefois, plusieurs symptômes reviennent régulièrement et sont donc fréquents chez les malades chroniques. 

Les effets communs pour les hommes et les femmes atteints de maladies chroniques : 

  • modification et/ou diminution du désir sexuelle
  • une détérioration de l’excitation sexuelle (trouble de l’érection, absence de lubrification, sécheresse vaginale) 
  • modification de la capacité et de l’activité sexuelle 
  • modification de la libido
  • dysparunie (douleurs lors d’un rapport) pour 18% 
  • anorgasmie
  • absence de désir : 42% chez les femmes et 26% chez les hommes
  • des douleurs, rendant impossible les pratiques habituelles, et nécessitant de modifier son comportement sexuel et le déroulement du rapport.
  • troubles psychologiques

Les effets uniquement présents chez la femme : 

  • absence de lubrification
  • sécheresse vaginale
  • vaginisme (peur panique de la pénétration) 
  • perturbations du cycle menstruel
  • infertilité (cycles sans ovulation).
  • aménorrhée (absence de règles)
  • ménopause plus précoce 

Les effets uniquement présents chez l’homme : 

  • trouble de l’érection (par exemple la dysérection : incapacité d’avoir ou de maintenir une érection suffisante pour avoir des rapports sexuels satisfaisants, etc)
  • éjaculation précoce
  • éjaculation rétrograde
  • anéjaculation (impossibilité d’éjaculer)
  • altération de la formation des spermatozoïdes
  • infertilité
  • production diminuée de testostérone
  • production exagérée de l’hormone des glandes parathyroïdes
  • déficit en zinc

Retrouver une sexualité épanouie quand on est malade chronique : c’est possible !

Vivre avec une maladie chronique nécessite d’accepter les nouveaux rythmes de son corps. La nécessité d’adapter sa sexualité s’impose souvent. Ce qui est d’autant plus compliqué à faire lorsque des années sans maladie se sont implantés dans les habitudes sexuelles. Néanmoins il est possible de faciliter ou d’améliorer sa sexualité avec la maladie. 

La prise en charge et l’accompagnement des patients peut alors se faire selon 3 points : physiques, psychologiques et comportementales. 

Soigner le corps

Sur le plan physique, il peut être avisé de consulter un sexologue pour dénouer les problèmes sexuels apparus dans un couple à cause d’une maladie chronique. Si la sexualité est un sujet encore tabou, ne permettant pas nécessairement aux patients d’en parler librement, il ne faut pas hésiter à en parler à son équipe médicale qui pourra certainement trouver une solution. 

C’est également l’occasion de faire un point complet sur sa sexualité : les difficultés rencontrés, les ressentiments, etc, et de bénéficier d’une prise en charge thérapeutique. Cet accompagnement permet d’élargir ses horizons : ne pas se limiter à la pénétration, découvrir les divers possibilités d’actes érotiques, etc. 

Le sexologue pourra donc proposer des alternatives et solutions en fonction des problèmes rencontrés. De plus, certains troubles disposent aujourd’hui de traitement, notamment : le trouble de l’érection, l’éjaculation prématurée ou encore la sécheresse vaginale. 

Soigner l’esprit

Ensuite, sur le plan psychologique, l’accompagnement d’un psychologue peut aider à une meilleure et plus rapide acceptation de la maladie et de ce nouveau mode de vie. Le psychologue peut également aider à la gestion du stress et de l’anxiété. Ce suivi incitera à stimuler l’estime de soi et à se focaliser uniquement sur ses qualités et ses points forts.

En effet, lorsque survient la maladie, les émotions sont misent à rude épreuve. Dépression, anxiété, incapacité à s’adapter, etc… peuvent s’immiscer dans la vie du patient. Ce dernier peut alors se replier sur lui-même et prendre ses distances de la relation à deux qui pourtant nourrit la sexualité. La patient s’éloigne alors encore plus de la logique du corps et de la guérison. Ainsi, l’aide d’un psychologue aidera à gérer et à avancer dans la bonne voie. 

S’adapter et se faire aider

Enfin, l’adaptation de sa sexualité est souvent une étape complexe et parfois difficile. La réinventer est souvent indispensable afin de conserver le plaisir et la tendresse qu’elle procure. Elle devient moins physique et plus émotionnelle, et permet de garder une sexualité pour la vie. 

Cela passe par une inventivité des positions sexuelles encore possibles, des préliminaires plus longs, des sextoys pour intensifier et cibler les stimulations, ou encore certaines aides techniques comme des coussins pour se caler en cas de difficultés motrices, ou le handylover conçu pour aider les personnes atteintes d’un handicap à retrouver une sexualité épanouie. 

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