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Le syndrome de la cabane, qu’est-ce que c’est ? 

Lorsque je suis dehors, une partie de mon cerveau s’active. C’est la même partie que lorsque l’on se retrouve face à un tigre. », Fanny 

Le syndrome de la cabane est un syndrome particulier et aujourd’hui peu connu. Fanny, que nous avons interviewé possède ce syndrome et vous partage son vécu. 

Est-ce que tu pourrais te présenter et nous parler un peu de toi ? 

« Je m’appelle Fanny et je travaille en tant que gestionnaire retraite. Je vais bientôt avoir 43 ans, je suis mariée et j’ai un petit garçon de 8 ans. Et j’ai donc ce que l’on appelle le syndrome de la cabane. » 

Tu as donc ce qu’on appelle le syndrome de la cabane, comment l’expliquerais-tu à quelqu’un qui ne sait pas ce que c’est ou qui n’en a jamais entendu parler ? 

« Le syndrome de la cabane c’est le fait de sortir qui est compliqué, pour certaines choses notamment, à certains endroits ou même à certains moments. Je ressens de la peur et de l’appréhension d’aller dehors, que j’arrive à maîtriser ou pas en fonction de l’endroit dans lequel je me trouve ou en fonction de l’endroit où je dois aller, de si je suis accompagnée ou non, etc… Ce qui peut paraître anodin pour les gens, pour moi ça va vraiment être une épreuve. Le plus simple serait de rester à la maison.  

Ça a commencé à aller mieux, mais le confinement m’a fait régresser. Je suis une personne qui doit sortir pour apprendre à gérer et à supporter ce syndrome ; alors quand on nous dit qu’il ne faut pas sortir, que dehors ça fait peur, qu’il y a danger, qu’il faut rester chez soi, etc… ça empire le problème. »  

Quels symptômes inclut le syndrome que tu as ? 

« Ça monte, c’est l’angoisse, la pression, les palpitations, les tremblements, le fait d’avoir chaud, le fait de mal respirer ou d’oublier de respirer parce que tout se bloque au niveau de la gorge. 

Le plus caractéristique quand je suis dehors c’est que je m’arrête, je n’avance plus ; je me mets dans un coin là où je peux trouver la sécurité on va dire et je m’arrête. Si on ne vient pas me chercher, je peux rester là longtemps. La raison part car l’angoisse est là, l’émotion est tellement forte, le problème à résoudre est tellement fort/important que je suis distraite, je ne pense plus qu’à ça et plus à ce que je fais. C’est déroutant. 

Il y a aussi des symptômes physiques comme la fatigue, le stress, le système immunitaire est mis à mal. » 

Si tu dois sortir et que tu es accompagné, est-ce que tu vas ressentir cette angoisse aussi forte ? 

« L’angoisse ne sera pas aussi forte, elle sera moins présente et même parfois inexistante lorsque je suis accompagnée. Le fait d’être accompagné de quelqu’un, c’est vraiment comme un pilier, un soutien, je sais que si il arrive quelque chose, je ne suis pas seule, il y a quelqu’un avec moi. C’est vraiment quand je suis seule dehors que ça survient principalement. » 

As-tu une anecdote ou une histoire à raconter qui t’es arrivé par rapport à ce syndrome ? 

« Je venais d’emménager avec mon compagnon. J’avais la vingtaine, j’étais jeune et j’étais mal entouré au niveau des médecins. Ils ne me croyaient pas, ils pensaient que je ne voulais pas aller travailler. Pour eux, c’était de l’angoisse et si j’ai choisit de me mettre en ménage maintenant il fallait que j’assume. Ils n’ont pas poussé plus loin, ils ne se sont pas dit « tiens elle a peut-être quelque chose de physique ou de physiologique qui ne va pas ». Et moi je les ai cru. J’ai cru que c’était dans ma tête, parce que quand c’est ton médecin, tu y crois. Mon père est quelqu’un de très anxieux, ma mère faisait beaucoup de crises de tétanie, elle était toujours très anxieuse. J’avais déjà un bon terrain, c’était limite génétique. » 

Le syndrome de la cabane est surtout un syndrome psychologique, quelles sont en général les émotions que tu ressens, les émotions prédominantes dans ton quotidien ? 

« J’ai tout fait, je suis passée par toutes les émotions. 

La première c’est vraiment la peur. C’est une partie de mon cerveau qui s’active alors qu’elle ne doit pas. Ça on l’a vu quand j’ai fait mes tests, c’est la partie du cerveau qui s’active par exemple si tu es face à un tigre, mais moi elle s’active quand je suis dehors.

Après la peur il y a l’appréhension, la colère, la tristesse, la culpabilité, la honte, l’incompréhension, etc…

Beaucoup de colère, surtout contre moi. Car je sais qu’il y a des personnes malades, etc, donc je culpabilise et j’ai honte de moi, car je me dis : en soit, je n’ai rien de grave, je ne suis pas malade, je vais bien finalement, et juste avec mes blocages psychologiques je m’empêche plein de choses. Donc je me demande : Pourquoi moi je n’y arrive pas ? Pourquoi ça m’arrive ? »  

Est-ce que tu as réussit ou tu réussis à te faire aider, que cela soit par tes proches ou par des professionnels ? 

« J’ai été suivie par une psychologue. C’est le travail avec celle-ci qui m’a permit d’avancer. Je sais que j’aurais pu ne rien faire et me retrouver en inaptitude, je sais que ça aurait pu arriver, j’aurais pu arrêter de travailler il y a longtemps. Mon médecin m’aurait mit en arrêt parce qu’à force de ne pas travailler ça ne devenait plus possible. 

J’ai vu plusieurs professionnels soit au niveau de l’énergétique ou de la sophrologie, ou encore des kinésithérapeutes ou ostéopathes. 

J’ai beau avoir du monde autour de moi, je me sens tellement seule. Et même mon mari est là tous les jours, je suis maman donc je ne suis pas seule. Mais ce sentiment de solitude il était dur à vivre et à faire partir. J’ai fait une séance avec ma sophrologue où on a fait un état du cercle familial et amical aussi et de la place que chacun a par rapport à moi, et en réalité je ne suis pas seule, j’ai beaucoup de chance.

Mon mari a vraiment été un grand soutien, j’ai une chance folle de l’avoir. Il ne m’a jamais laissé tombé, il ne m’a jamais jugé, il ne m’a jamais dit « écoute tu es folle » ou « qu’est-ce que tu fou ? », etc… Il voit que je fais de mon mieux, il m’a toujours soutenu, il est là. »  

Si tu avais un pouvoir héroïque, lequel serait-il ? 

« Si j’avais un pouvoir héroïque je transmettrais tout ce que j’ai apprit à mon fils, pour qu’il soit armé pour le futur. Quand on est enfant, on est pas préparé, à tout ce qui va arriver, aux déceptions, etc… et d’avoir tout ce bagage là, tout ce petit trésor, cette richesse d’enseignements pour pouvoir appréhender les émotions… »  

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